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syndrome choc toxique

 

Alors qu’il avait quasiment disparu, le Syndrome du Choc Toxique (SCT) pendant les règles est en recrudescence chez les Françaises. Les scientifiques français ont donc cherché à savoir s'il existait un lien entre l'utilisation de certaines protections périodiques et la survenue du Syndrome du Choc Toxique (SCT). "On a testé "vous explique comment limiter les risques...

 

 

 

 

Qu’est-ce que le syndrome du choc toxique ?

Le syndrome du choc toxique (SCT) est une maladie infectieuse rare et aiguë, potentiellement mortelle, causée par une toxine bactérienne qui pénètre dans la circulation sanguine à la suite d'une infection par un agent pathogène. Cette toxine, appelée TSST-1 est produite par la bactérie staphylococcus aureus ou par le staphylocoque doré.
Le syndrome du choc toxique survient au cours des règles notamment lorsqu'une protection menstruelle est gardée trop longtemps. Les toxines sont alors libérées dans le sang et peuvent rapidement affecter plusieurs organes.   

20 à 30% des femmes sont porteuses de staphylocoque et seulement 4% d'entre elles de la souche staphylocoque doré. Ce sont des dernières qui peuvent donc être potentiellement victimes du syndrome du choc toxique. Quand le sang est bloqué dans le vagin par un tampon ou une coupe menstruelle, cela provoque un milieu de culture idéal pour le développement des bactéries. C'est alors que les éventuels staphylocoques libèrent leur toxine qui va déclencher une infection généralisée.
Lauren Wasser, mannequin alors âgée de 27 ans s’est ainsi retrouvée amputée d’une jambe suite à l'utilisation prolongée d'un tampon.
 
lauren wasser choc toxique
 

Quels sont les symptômes du Syndrôme du Choc Toxique ?

Pendant les règles, les symptômes sont les suivants :
- fièvre soudaine (38.9°C ou plus)
- vomissements
- sensation de malaise avec céphalée
- diarrhée
- éruption cutanée ressemblant à un coup de soleil
 
Il faut alors enlever immédiatement son tampon et filer aux urgences afin d'être pris en charge le plus vite possible.
 

Qu’est-ce qui favorise l’apparition du SCT ?

Quel que soit le mode de protection périodique utilisé, c'est sa durée d'utilisation qui favorise le développement bactérien.
Il est recommandé de changer de tampon ou de vider sa coupe menstruelle toutes les 4h et de ne pas en porter plus de 6h d'affilé. Ceci implique qu'il ne faut pas dormir avec un tampon ou une coupe menstruelle. La nuit, il faut utiliser les serviettes hygiéniques, et oui, celles qui font 30cm de long et qui sont bien gênantes...
 

Les différentes protections menstruelles existantes

protections hygieniques

Depuis l’Antiquité, les femmes ont dû trouver le moyen de poursuivre leurs activités malgré leurs menstruations. Les Égyptiennes utilisaient des bandes ouatées, les Romaines de la laine, les Japonaises du papier et nos grands-mères des protections en chanvre pliées.

Les serviettes hygièniques

serviettes hygieniques
Les serviettes hygiéniques ont été conçues au début du 20ème siècle. Leur composition n'est pas clairement indiquée sur les boîtes.
Les serviettes contiennent des gels absorbants qui peuvent absorber jusqu’à 800 fois leur poids en eau.
Plutôt désagréable à porter et irritantes pour la peau, la serviette hygiènique est préconisée pour dormir. Les protège-slips, plus petits et plus fins, peuvent être utilisés en début ou fin de règles pour plus de confort.
 
Les tampons périodiques
 
tampon hygienique
Les premiers tampons hygiéniques ont été commercialisés aux États-Unis vers 1930. C'est la société Tampax qui commercialisa le premier tampon avec applicateur.  
Dans les années 1980, une étude montra une corrélation entre la survenue du syndrome du choc toxique et l'utilisation de tampon hygiénique. Les modèles particulièrement absorbants entraîneraient plus de SCT que les tampons classiques.
C'est pourquoi, dès 1990, les fabricants ont eu l'obligation de classer les tampons en fonction de leur pouvoir d'absorption : regular, super, ou super-plus.
 
Les tampons sont des dispositifs absorbants jetables, majoritairement constitués de viscose parfois agrémentés d'un voile de coton. Ils s'insèrent dans le vagin afin d'absorber le sang pendant les règles.
 
Pour obtenir de la viscose il faut plonger de la pulpe de bois dans du chlore. En résulte une production d’hydrocarbones chlorés dont l’un des produits dérivés est la dioxine. Le blanchiement du coton produirait également cette molécule.

La présence de dioxine (molécule potentiellement allergène, cancérigène et perturbateur endocrinien) est inquiétante pour 3 raisons :
- Certes, on en retrouve une quantité infinitésimale dans les tampons, mais cette molécule est rémanente et s'accumule dans le corps.
- Les muqueuses vulvaires et vaginales sont particulièrement absorbantes.
- Une femme en période de règles utilise en moyenne 5 tampons par jour, à raison de 5 jours par mois pendant environ 37 années (âge moyen de la ménopause à 51 ans), ce qui veut dire que plus de 11.000 petites cartouches entrent au contact de ses muqueuses vaginales au cours de sa vie, soit 6 années de port de tampons !
  
Des traces de pesticides ont également été détectées dans les tampons. Des molécules de glyphosate (molécule active du désherbant Roundup) résultant du traitement chimique du coton. Depuis 2015, le glyphosate est classé comme "cancérogène probable" par le centre international de recherche sur le cancer.
Décidemment, les glyphosates sont vraiment des pestiférés, déjà qu'ils n'avaient pas de père les pauvres...
glyphosate orphelin
Aucun fabricant n'indique sur les boîtes la composition de ses tampons car ces derniers ne sont pas considérés comme des dispositifs médicaux, les règles étant un phénomène physiologique normal. Un statut qui arrange bien les industriels...

Il existe une marque de tampon biologique (Natracare) qui propose des tampons totalement naturels et composés à 100 % de coton biologique non blanchis au chlore, sans plastique ni parfum.
Pour résumer, porter des tampons est pratique mais pas sans danger. En plus de nous mettre en contact avec des pesticides et des dioxines, ils peuvent également nous laisser des microfilaments de coton ou de viscose dans le vagin quand on les retire...
 

Quels sont les alternatives durables en terme de protection féminines ?

En plus d'être potentiellement dangereux pour l'organisme, les tampons et serviettes jetables nuisent à la préservation de l'environnement.
D'une part, leurs procédés de fabrication sont polluants (beaucoup de produits chimique sont utilisés), d'autre part, leur utilisation génère énormément de déchets (emballages individuel, applicateur, boîtes, tampons et serviettes usagés...).
Les protections jetables sont incinérées ou enfouies sur des sites de déchets quand elles ne finissent pas directement dans les toilettes ou dans la nature !
Pour information, une protection péridioque met environ 500 ans pour se dégrader et constitue une source microbienne importante.

On trouve désormais des serviettes réutilisables en tissus. A tester ! 
serviette hygienique lavable
 Si vous ne vous sentez pas prêtes à laver vos serviettes, sachez qu'il existe une alternative écologique aux protections périodiques jetables : la coupe menstruelle.
  
Les coupes menstruelles
fleur cup multicolores
On a testé pour vous une de ces coupes : la Fleur Cup ! Découvrez le résultat du test en cliquant ici.
 
Une seule coupe menstruelle pourra nous suivre toute notre vie. Il faut la stériliser à chaque cycle. Elle coûte environ 15€ et permet de faire des économies et de préserver l'environnement.
Les règles d’utilisation des coupes menstruelles doivent s’inspirer de celles des tampons. Il n'est pas recommandé de les porter la nuit pendant son sommeil et le jour, de ne pas la porter plus de 6h.
 
De récents articles (juin 2017) ont sous-entendus que les coupes menstruelles pourraient favoriser la survenue du Syndrome du Choc Toxique et ont inquiétés les utilisatrices. 
Les coupes menstruelles ont un diamètre plus important que les tampons et permettent donc une arrivée d’air et d’oxygène plus importante ce qui favoriserait la croissance du staphylocoque et la production de la toxine. D'où l'importance de la vider souvent.
 
Afin de mieux cerner le problème, des tests ont été réalisés sur différents modèles de protections périodiques en 2016. En parallèle, 700 tampons ont été collectés pour analyser les facteurs influençants la production de toxine.
 
Quelles sont les conclusions de l'étude réalisée sur les 700 tampons collectés ?
Grâce à la collecte d'octobre 2016, le Centre national de référence des staphylocoques de Lyon a pu analyser 700 tampons usagés de marques les plus utilisées.
Les résultats indiquent qu' aucune protection testée ne favorise la croissance et la production de la toxine, ni la coupe menstruelle, ni les tampons.
Et bien que les tampons puissent renfermer des substances toxiques (polluants, perturbateurs endocriniens, chlore, dioxine), il n'a pas été observé de relargage par les tampons de produit ayant un impact sur le staphylocoque. Les tests effectués indiqueraient un effet neutre voire même protecteur. resultats etude sct 2016
Au vu du graphique ci-dessus, j'aurai tendance à conclure que les produits chimiques contenus dans les tampons limiteraient le développement des staphylocioques et donc inhiberaient la production de toxine. Les protections naturelles (les coupes ou les tampons en coton bio) constitueraient donc un bon milieu de culture pour les bactéries... Un truc de fou !

Pour résumer :
J'en conclue donc qu'il vaut mieux éviter de s'insérer trop de tampons dans le vagin... et que la serviette, bien que gênante et irritante, constitue le moyen le plus sûr de receuillir ses flux menstruels. Je testerai pour vous les serviettes jetables à l'occasion.
On réservera donc les tampons (quelle que soit la marque) ou les coupes menstruelles pour des occasions bien spécifiques comme aller à la piscine, faire du sport ou porter une tenue vestimentaire près du corps... On retiendra surtout qu'il est essentiel de ne pas porter de protection périodique, quelle qu'elle soit, plus de 6h d'affilé...